Atelier 3

Urbanisme (2 novembre 2019)

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Nouvel atelier, nouveau thème… et nouvel endroit! Ce 2 novembre, c’est le réfectoire des 3 Sapins qui a accueilli la trentaine de personnes venues débattre des questions d’urbanisme. Dès le début de la matinée, l’atmosphère est bonne et constructive.

«On pourrait presque se retrouver toutes les semaines! On s’est habitués, c’est très chouette et il y a encore tant de choses à discuter», déclare un participant. Après le traditionnel café et les croissants – toujours aussi bons! – il est l’heure de commencer. Comme d’habitude, Jean-Paul Nicoulin ouvre la session en prononçant quelques mots d’accueil dans l’Aula.

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Préparer le futur d'Echallens

«Bienvenue aux cinq nouveaux!», lance le syndic, exhortant les participants à poursuivre sur la très bonne lancée des ateliers précédents. Selon lui, une multitude d’idées très intéressantes ont été exprimées lors des deux premières éditions. Il s’agit de poursuivre dans cette voie.

Pour la Municipalité, présente au complet, la démarche est éminemment stratégique. Ces ateliers donnent naissance aux prémices de ce que sera l’image d’Echallens à l’horizon 2040. «Les municipaux sont là pour observer ou renseigner, pas participer aux débats, rappelle le syndic. Sentez-vous libre de dire ce que vous avez à dire, même si ça signifie nous casser du sucre sur le dos. Je ne vais pas dire qu’on est habitués, mais on supporte!»


Les vastes questions d’urbanisme

Parsa Zarian, du bureau d’architectes et urbanistes Luc Malnati, présente la situation telle que les experts l’ont observée jusqu’ici. «On veut votre opinion d’experts: c’est vous qui connaissez le mieux Echallens puisque vous y vivez.»

Le prédiagnostic fait le tour des différentes thématiques à discuter dans la matinée. Il a fallu une centaine d’années pour passer de 1000 habitants dans les années 1870 à 1400 en 1974. Et puis 50 ans de plus pour accueillir 4000 habitants de plus. «Selon les projections, 1800 nouveaux arrivants vont rejoindre Echallens, mais on ne peut plus grandir comme ça s’est fait auparavant

L’offre d’emplois sur le territoire communal sera aussi un enjeu à explorer. Actuellement, Echallens propose 33 emplois pour 100 habitants, ce qui est bien en-dessous de la moyenne cantonale avec son ratio de 0.50. Si on ne veut pas qu’Echallens devienne une cité-dortoir, il va falloir attirer des entreprises et des places de travail.

Après cette introduction, les participants se répartissent autour des quatre grandes tables qui leur sont attribuées et se mettent au travail. Après une bonne heure d’échanges, chaque groupe présente le fruit de ses réflexions.


Table 1: Identités

Le rapporteur le confirme: «Ce n’est pas une faute d’orthographe, Echallens a bel et bien plusieurs identités!» Il y a un grand écart entre le fantasme d’un bourg campagnard et la réalité d’une petite ville où l’activité tertiaire est largement prioritaire. Et où il y a parfois des confrontations entre habitants et agriculteurs sur les inconvénients de la campagne comme le bruit et certaines odeurs.

Il y a aussi une grande différence entre la Chaussiaz et Grézaley. Alors quelle identité est-ce qu’on veut? Ça doit être une discussion qui implique les citoyens et les autorités. Mais il est essentiel de démystifier l’image d’Echallens, notamment vue de l’extérieur.

Il y a en tout cas de nombreuses raisons d’être fier d’habiter à Echallens:

  • une qualité d’accueil qui n’est pas qu’un slogan
  • une grande qualité de vie malgré les 13'000 voitures qui transitent tous les jours
  • un bel accès à la nature avec notamment la forêt
  • un esprit de cohésion et de coopération, on peut discuter entre carrossier et journaliste, entre bobos et personnes qui ont un peu plus les pieds sur terre
  • et surtout on a tout: un cinéma, des commerces, des services, etc.

Alors quels endroits pour définir l’identité d’Echallens? Il y a des lieux emblématiques qui pourraient être mieux mis en valeur, comme l’Hôtel de Ville ou la place du Marché.


Table 2: Quartiers

Le groupe énumère les différents quartiers qui forment Echallens et qui tous ont des caractéristiques particulières. Le Bourg avec son identité et son esthétique très fortes. Le «Sous-bourg», très actif, situé entre l’église catholique, l’ancien Lion d’Or et la Migros.

On distingue des zones particulièrement populaires, comme les 3 Sapins avec le collège et les installations sportives, ou Court Champ, un lieu très passant avec la présence de l’école, ou encore la forêt qui attire promeneurs, propriétaires de chiens et familles.

Il y a aussi des quartiers à forte cohésion communautaire comme la Chaussiaz et le Hameau de la Fontaine. Et à l’opposé, des quartiers vraiment résidentiels et peu dynamiques comme Marjovet.

Le groupe s’accorde à penser qu’il ne faut pas nécessairement que tous les quartiers soient très actifs, qu'il vaut mieux concentrer les activités sur certaines zones. A commencer par le Bourg, car c’est là qu’il faut aller pour plus d’échanges et de vie communautaire.


Table 3: Zones industrielles, équipements publics et services

La vision stratégique est celle d’une densification. Concernant la zone d’activités de la Clopette, le groupe est d’avis que cette densification doit d’abord se faire en hauteur. Le caractère hybride de ce quartier est évoqué. Avec une petite vingtaine d’habitations, ce n’est vraiment pas un quartier résidentiel, ce qui se remarque dans l’absence de trottoirs ou d’éclairage public par exemple. Mais c’est regrettable pour les quelques habitants et les clients du Cellier.

Cette zone pourrait tout à fait capter une bonne partie du développement d’Echallens, mais il faut la penser comme un vrai quartier, avec ses commerces et lieux de restauration pour éviter de créer du trafic en direction du centre à midi.

Le groupe identifie aussi un potentiel à exploiter dans la halle du LEB, actuellement vide. On pourrait y créer un espace de coworking avec des salles de réunion, ou alors un local de vente de produits de la région. Il manque aussi une salle de spectacle, une vraie lacune vis-à-vis de la taille du bourg.

Au fond, l’offre est très complète, mais il manque une mise en réseau des services et des commerces. Le groupe conclut en disant qu’Echallens a tout pour plaire, mais qu’on y utilise trop la voiture. Et que la présente de Migros et de Coop est appréciable, mais pourquoi ne pas avoir aussi une épicerie bio et plus de petits commerces?


Table 4: Densification et requalification

Le groupe travaille sur 2 axes: croissance des habitants et création d’emplois. En ce qui concerne le développement de la population, le groupe juge élevées les projections officielles de 1800 nouveaux habitants et préfère prendre en compte un nombre plus réduit, de 1200. Ce qui correspond aux 800 occupants du futur éco-quartier du Crépon et 400 de plus à placer ailleurs.

On parle de densification douce. Il y a beaucoup de zones résidentielles bâties dans les années 1970 à 1980, où on trouve de vastes parcelles avec des villas qui ont une grande surface au sol. On doit pouvoir repenser ces zones pour les densifier et  parvenir à accueillir cette nouvelle population.

L’augmentation du nombre d’emplois paraît plus difficile. La zone d’activités de la Clopette est remplie, mais on a le sentiment de ne pas avoir exploité tout son potentiel. Il faudra densifier, surtout en hauteur. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut des emplois pour tenir notre rôle de commune-centre. On ne veut pas devenir une cité-dortoir!

Le groupe conclut sur une note inédite: les seniors. Echallens est une commune bien adaptée à cette population. «C’est plat, c’est bien desservi et on a toutes les infrastructures médicales nécessaires, des commerces et des services. On peut vieillir à Echallens!» Les retraités présentent aussi l’avantage de jouer un rôle moteur sur le plan associatif: ils ont du temps, ils sont en forme et ils s’engagent. «Certains vont même jusqu’à la syndicature», ajoute le rapporteur sur le ton de la boutade!


La Clopette déchaîne les passions

Une discussion démarre à propos de la Clopette. Certains y voient une zone à développer comme un quartier mixte, mêlant habitations et entreprises. D’autres craignent que ça empêche de soutenir l’activité économique dont Echallens a besoin. D’autres encore ne veulent pas risquer de déplacer le centre du bourg vers la Clopette.

Bref, la Clopette ne laisse pas indifférent. On devrait d’ailleurs l’appeler «quartier industriel» plutôt que «zone industrielle», avance un participant. Mais le débat devra attendre, car il est l’heure de mettre fin à ce troisième et dernier atelier.


Un processus très réjouissant

Jean-Paul Nicoulin reprend la parole: «Le senior va conclure». Un processus est en cours pour étendre la zone d’activités, mais ça doit se coordonner au niveau régional. Et ça va prendre du temps!

Le syndic se déclare très, très satisfait de la matière première extraite lors des trois ateliers, et aussi des échanges qui ont été tout à fait respectueux. «C’est vraiment très positif d’entendre qu’on pourrait se réunir ainsi chaque semaine, ça fait plaisir de voir votre engagement pour Echallens. Mais d’abord, il faut terminer le travail sur ce projet.»

Et du travail, il y en aura, notamment pour les mandataires qui sont félicités pour leur préparation très efficace de ces ateliers. Jean-Paul Nicoulin émet encore le souhait d’intégrer des jeunes à la réflexion, sous une forme encore à définir.

La suite, ce sera le 5 décembre, avec une nouvelle réunion de l’ensemble des participants qui découvrira le bilan des ateliers. Puis, la Municipalité informera le conseil communal. Et ensuite, il y aura encore beaucoup de travail, «mais c’est merveilleux», conclut le syndic enthousiaste.

Comme à chaque fois, la matinée se termine autour d’un apéro bienvenu, un cadre parfait pour poursuivre les discussions passionnées sur l’avenir de notre commune.

Photos: Marc Döbler (photomd.ch)
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