Atelier 2

Mobilité et espaces publics (5 octobre 2019)

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Changement de saison. En ce samedi matin 5 octobre, le ciel ne laisse aucun doute: cette fois, l'automne est bel et bien arrivé!

Au Château, la Grande salle se remplit peu à peu. Les premiers arrivants bavardent autour d'un café, grignotent un croissant. On se retrouve, on évoque le premier atelier de septembre... ou les derniers potins.

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Allons encore plus loin

C'est Jean-Paul Nicoulin qui prend la parole en premier. Le syndic explique que la moitié des 35 participants du jour étaient déjà là au premier atelier. «A l'attention des nouveaux, je précise que le premier atelier a permis de faire émerger beaucoup de très bonnes idées. Il s'agira donc de poursuivre dans cette voie

Cédric Jacot-Guillarmod, directeur de l'agence de communication Incito, est chargé de faciliter les ateliers. Il invite les participants à confronter leurs idées et à bien «malaxer la matière». Il s'agit de faire naître un vrai débat, toujours dans un esprit constructif et bienveillant.

Mobilité

La parole est donnée à Jean-Daniel Buri, qui représente le bureau Citec. Il évoque une circulation chargée sur les différents axes du bourg et la formation de bouchons épisodiques, notamment à certains passages à niveaux. C'est que la ligne du LEB coupe véritablement Echallens en deux de manière peu perméable. Autre fait intéressant, l'essentiel du territoire peut accéder au bourg en 10 minutes à pied. En vélo, cette même durée de trajet permet de rejoindre les villages environnants.

Espaces publics

Parsa Zarian, architecte au sein du cabinet Luc Malnati, chargé des questions d'urbanisme, précise l'objet des réflexions: ne pas penser qu'aux lieux de rassemblement, mais aussi à la façon d'y accéder. Comment rendre le trajet jusqu'à la place de la gare agréable, comment faire en sorte qu'une famille puisse marcher avec des enfants et se sentir en sécurité?

Au travail!

Dès le début des discussions, le volume sonore ne trompe pas: les débats sont chauds, très chauds!  Dès qu'on touche au sujet de la voiture et des embouteillages, tout le monde a son anecdote à partager, son expérience à faire valoir.

«Il y a des gens d'Echallens qui prennent leur voiture et roulent jusqu'à Assens pour se parquer et prendre le LEB. Tout ça parce qu'ils habitent trop loin de la gare pour y aller à pied!»

«A Court-Champ, la route est saturée de mamans qui téléphonent en amenant leurs enfants à l'école dans leurs gros 4x4!»

Après une bonne heure d'échanges, chaque groupe présente à l'assemblée le fruit de ses réflexions.

Groupe 1: transport individuel motorisé

Premier constat: il y a un vrai problème de bouchons à Echallens. Que ce soit sur l'axe Lausanne-Yverdon ou Cossonay-Moudon, la route est régulièrement surchargée, ce qui provoque des débordements sur les axes secondaires, notamment dans le vieux bourg.

Ce trafic, essentiellement provoqué par des usagers qui ne vivent pas à Echallens, doit être mieux canalisé. Est-ce qu'on devrait imaginer un système de vignettes qui donnent accès à certaines zones? Réserver certains accès aux riverains? Mettre en place un système de sens uniques pour décourager ce trafic opportuniste?

La question du stationnement se pose elle aussi. En termes de volume, l'offre actuelle est suffisante si on parvient à rationaliser et mutualiser l'utilisation des places existantes. Il faut une offre adaptée aux pendulaires, comme un parking P+R, de façon à laisser des places à l'usage des habitants qui doivent venir faire leurs courses au centre, par exemple.

On élimine rapidement la question d'une réduction de la vitesse dans le centre. Elle l'est déjà dans les faits: il est rare de pouvoir dépasser les 20 ou 30 km/h de toute manière.

Reste l'idée d'une réduction, voire d'une élimination du trafic dans le bourg. Elle divise énormément. Le groupe recommande de sortir du débat idéologique et de partir des usages: qui souhaite se rendre au centre en voiture et pourquoi? Qui préfère s'y déplacer à pied et dans quel but? 

Au minimum, tout le monde s'accorde à dire que la place du Marché devrait être autre chose qu'un parking: elle pourrait être le début d'un virus piétonnier que certains voudraient voir contaminer tout le bourg d'Echallens à l'avenir.

Groupe 2: Mobilité Douce

Le groupe souligne que pour ce qui est de la mobilité douce, Echallens ne part pas de zéro! Il existe de nombreux itinéraires et cheminements pour les piétons et les vélos. Mais c'est fait «en morse»: point-trait-trait-point-point. Il faudrait relier les parties existantes et terminer le travail.

On identifie des «nœuds», des endroits où différentes mobilités se collisionnent. C'est le cas vers le tennis: difficile de traverser la route, les piétons et les vélos ne se sentent pas en sécurité face aux voitures. Comment mieux sécuriser ces secteurs pour encourager la mobilité douce?

Le groupe examine la question des parcs à vélo. Il en existe un à la gare, qui devrait être réaménagé. Il faudrait en créer d'autres dans les lieux stratégiques comme les écoles, la proximité des commerces ou la zone d'activités. Toujours sur la question du vélo, le groupe estime que la mise à disposition d'une offre de libre-service doit se penser à l'échelle de la région, car ça ne concerne pas vraiment les habitants mais plutôt les pendulaires.

Revenant sur un thème abordé lors du premier atelier, cette table parle des cheminements le long du Talent. Il suffirait de relier les nombreux tronçons existants pour rendre les berges accessibles et faciliter les balades au bord de la rivière, ainsi qu’un accès piétonnier direct et agréable au bourg.

Le groupe évoque encore les personnes à mobilité réduite, pour qui certains endroits sont dangereux. On donne l’exemple de l’axe qui relie le quartier du Grand-Record au Château, ou des portions de trottoir, non surélevées par rapport à la route, ne sont délimitées que par une bande de pavés. Il faut faire de vrais trottoirs hauts, comme on en voit le long du chemin du Grand-Record.

De même, il faudrait créer une rampe dans le passage sous-voie de la gare, pour faciliter la traversée à des poussettes, chaises roulantes et vélos.

Enfin, les participants ont aussi parlé de limiter la vitesse dans le bourg à 20 km/h. Selon eux, on doit laisser les voitures accéder au centre. Par contre, certaines places doivent être réservées aux piétons: celles du Temple, du Marché et de l’Hôtel de Ville.

Groupe 3: Transports en commun

A tout seigneur tout honneur: c’est par le LEB que cette table commence. La première idée est d’inclure les arrêts de Sur Roche et Grézaley dans la zone bénéficiant de la cadence à 15 minutes. Sans ça, beaucoup d’habitants des quartiers du haut devront aller jusqu’à la gare principale au lieu de l’arrêt le plus proche de leur domicile.

On imagine aussi la création d’un parking P+R à l’arrêt Sur Roche pour éviter que les populations des villages environnants n’engorgent le centre en se rendant à la gare.

Enfin, le groupe recommande d’enterrer la ligne du LEB entre la gare d’Echallens et Sur Roche pour éliminer des croisements avec les piétons et les voitures, qui provoquent du danger pour les premiers et des bouchons pour les seconds.

Les transports publics à Echallens, ce sont aussi les bus. Les lignes longues distance sont actuellement peu efficaces car les bus peinent à s’engager sur des axes routiers engorgés par des voitures, des vélos et des piétons. Il faudrait accorder la priorité aux bus pour leur permettre de tenir leurs horaires et ainsi devenir plus attractifs pour la population.

Le groupe préconise aussi de favoriser le trafic vers Yverdon (et son accès facilité à la Suisse alémanique) en améliorant la fiabilité et la fréquence des transports en bus. Actuellement, Echallens est en effet très tourné vers Lausanne en raison du LEB.

Enfin, on imagine encore couvrir les nouveaux quartiers par une offre de bus. Le trajet de ces zones jusqu’au centre peut se faire à pied ou en vélo, mais c’est relativement long et donc peu praticable pour les personnes âgées ou les habitants qui souhaitent faire leurs courses. Le groupe propose une ligne de bus urbains qui relierait tous ces quartiers à une cadence de 30 minutes. Idéalement, ce bus serait gratuit pour les habitants.

Toutes ces mesures visant à encourager l’usage des transports publics devront s‘accompagner d’une communication claire et régulière: la population doit connaître ces services si on souhaite qu’elle les utilise.

Groupe 4: Espaces publics

Cette table commence par interroger la notion même d’espace public: est-ce qu’il s’agit obligatoirement de lieux situés sur le domaines public? Ou tout simplement de lieux dont l’usage est public? On pense à des places, des jardins urbains, des lieux de loisirs et de détente comme des places de jeux ou de pique-nique.

Des projets sont en cours, d’autres sont à créer. Il existe par exemple beaucoup de places de jeux privées: est-ce qu’on peut imaginer les «ouvrir», laisser la population y accéder?

Le développement actuel d’Echallens se concentre dans 4 zones: le bourg, Court-Champ, la zone d’activités et les 3 Sapins. Il faut bien concevoir les liaisons avec ces espaces, car s’il existe des obstacles comme la ligne du LEB ou des poches de constructions, on n’y va tout simplement pas.

Il y a déjà beaucoup de liaisons existantes à relier et à mettre en valeur. A d’autres endroits, il est essentiel de développer de meilleurs accès, comme entre la zone d’activités et le bourg, ou encore entre Court-Champ et le bourg.

Il faut aussi penser à l’aménagement des espaces eux-mêmes. Aujourd’hui, beaucoup de places dans Echallens sont avant tout des parkings, il s’agit d’un environnement trop minéral. Les espaces n’ont pas besoin d’être vastes: on peut imaginer la création de micro-espaces en aménageant un lieu autour d’un banc, d’un arbre ou d’un autre objet par exemple.

A beaucoup d’endroits, il faudra faciliter les discussions entre public et privé pour aménager ces espaces.

De très belles idées

Une fois toutes les présentations achevées, Jean-Paul Nicoulin donne ses impressions à chaud sur cette deuxième matinée de réflexions. «Merci pour votre créativité et cette multitude d’idées que vous avez fait naître!»

Le syndic confie que toutes ne sont pas aussi faciles à réaliser. Il est important d’avoir de bonnes idées, même si au final il faudra vivre avec la réalité.

Sur le ton de la boutade, il exprime aussi sa surprise en constatant que personne n’a abordé le thème d’une route de contournement. Il déclenche alors une avalanche de réactions qui sont tout près de lancer un nouveau débat.

Mais ce n’est plus le moment. Place à l’apéritif, qui permet aux participants de cet atelier de poursuivre les discussions sur le futur d’Echallens un verre à la main, dans une bel esprit de convivialité et d’enthousiasme.

Tout le monde a rendez-vous un nouvelle fois le samedi 2 novembre, pour le troisième et dernier atelier participatif. Il sera consacré aux questions d’urbanisme.

Photos: Marc Döbler (photomd.ch)
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